Article de presse

Article de presse paru dans le journal 20 minutes du 16/09/2014

 

PARIS

 

EDUCATION Pour lutter contre le décrochage scolaire, la région Ile-de-France a mis en place un service d’accompagnement. 20 Minutes a rencontré une jeune mère qui en a bénéficié…

Paris: Une maman lycéenne, «fière» d’avoir obtenu son bac

 

 

Paris, le 16 septembre 2014, cette jeune femme (anonyme) a eu un fils pendant sa terminale, mais a réussi à obtenir son bac et poursuit des études de droit. - O. Gabriel / 20 Minutes

Oihana Gabriel

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§  Créé le 29.09.2014 à 09:39

§  Mis à jour le 29.09.2014 à 09:39

§  MOTS-CLÉS

§  éducation nationale

 

«Je voulais travailler dans le social», confie Amandine*, 18 ans. Cette Parisienne n’a plus à conjuguer ses rêves au passé. En septembre 2013, cette élève de Terminale a accouché d’un garçon. Mais la jeune femme a réussi à combiner maternité et lycée. Et à décrocher son bac malgré la fatigue.

Le 3 septembre 2013, à deux semaines du terme, elle fait sa rentrée sous les regards étonnés. «Un gros ventre, ça fait réagir! Mes camarades étaient curieux, mais pas malveillants. La première fois que j’ai évoqué ma situation avec le CPE, il est devenu tout rouge et ne savait pas quelles solutions me proposer.» D’octobre à février, elle jongle entre les couches et les cours à la maison.

 

Un service qui aide les lycéennes enceintes

Pendant cette année compliquée, Amandine a pu compter sur l’aide du Service d’Accompagnement des Mères Lycéennes (Samely), cofinancé par la région et présenté pour la première fois ce mardi lors d’un forum contre le décrochage scolaire (voir encadré). Né en même temps que son fils, ce service cofinancé par la Région accompagne depuis un an les lycéennes pour qu’elles n’abandonnent pas l’école.

 

«Je suis fière d’avoir obtenu mon bac»

Grâce au Samely, Amandine a suivi des cours de maths, économie et philosophie à domicile pendant trois mois… entre deux allaitements. «Début 2014, j’ai obtenu une place en crèche. Quel soulagement! Le temps d’adaptation a duré un  mois au lieu d’une. Ce n’était pas évident de subir la pression d’un côté des professeurs qui voulaient que je reprenne les cours vite, de l’autre de la puéricultrice qui me conseillait de privilégier la relation mère-enfant. Mais je suis revenue en cours au bon moment.»

En mars, la jeune maman a repris le chemin de l’école, trois mois avant le bac. «Le lycée m’a proposé de passer uniquement quelques matières cette année. J’ai refusé, pour moi c’était quitte ou double. Et je suis fière d’avoir obtenu mon bac.»

 

«Je n’ai pas honte d’être mère»

Le bac en poche, et avec l’ambition de devenir éducatrice dans la protection judiciaire de la jeunesse, Amandine a débuté en cette rentrée une licence de droit. Et jongle plus facilement avec son emploi du temps. Une fois son fils à la crèche, elle peut étudier le matin avant de rejoindre la fac où elle a condensé ses cours l’après-midi. «Je n’ai pas honte d’être mère, j’assume. Mais je n’en parle pas à tout le monde. La scolarité est au courant: je ne pourrais pas assister aux TD le samedi car mon fils n’a pas de crèche le week-end.»

Pour le moment, Amandine vit chez sa mère et peut compter sur sa sœur ainée pour garder l’enfant quand elle a besoin d’étudier. «Au début, on sentait que chez elle, il allait falloir pousser les murs», reconnaît Chloé Magnan, coordinatrice interdépartementale du Samely. «Mais tout le monde s’est adapté, se réjouit Amandine. Certaines familles tournent le dos aux adolescentes enceintes. Mais ma mère m’encourageait les matins où je voulais rester au lit quand le petit s’était réveillé pendant la nuit. Si ma mère n’avait pas accepté ma grossesse, je n’aurais pas réussi à continuer mes études.»

Un appui décisif et peu courant. «J’ai été agréablement surprise de voir cette adolescente relever le challenge d’obtenir son bac alors qu’elle avait accouché à la rentrée, avoue Chloé, qui la suit pendant deux ans. On est là pour accompagner les jeunes filles enceintes à partir du quatrième mois… Mais aussi les établissements scolaires.» Aujourd’hui, son service accompagne 47 lycéennes parisiennes. Et le Samely doit s’implanter prochainement en Essonne et en Seine-et-Marne.

*Le prénom a été changé.

 

Un forum contre le décrochage scolaire

Environ 33.000 jeunes Franciliens quittent le système scolaire sans diplôme chaque année. La région a lancé plusieurs programmes pour aider les élèves exclus, malades, enceintes à ne pas abandonner leurs études. Ce mardi après-midi, les professionnels de l'éducation francilien sont réunis pour discuter des résultats et des innovations de ces diveres actions.



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